Lettre en retard au Père Noël

Et voici la première contribution de notre lointaine- mais néanmoins volubile!- amie au Japon…

Cher Père-Noël,
C’est hier soir, en finissant de lire à la lueur d’une lampe, que m’est venue l’idée de t’écrire une lettre. Nous sommes aujourd’hui le 26 décembre, et le ciel est si bas, si lourd de neige, que l’on dirait que, déjà, arrive le crépuscule. Mais la joie en mon coeur est aussi vive et lumineuse qu’un champ de tulipes au mois d’avril. Ce Noël en amoureux à Kyoto a été tellement heureux ! Bien sûr, il manquait nos familles, la dinde aux marrons et un sapin qui aurait perdu ses aiguilles au moindre atchoum. Mais quel doux moment ! Jusque sur les papilles… Tu sais, Père-Noël, je n’ai jamais roulé en Lamborghini, mais je pense qu’on doit y ressentir la même sorte de joie folle et incontrôlable que celle qui m’habite depuis hier, depuis des jours en réalité.
Ce n’est probablement pas souvent que tu reçois des lettres le lendemain de Noël, mais j’avais envie de t’écrire ce petit mot, que tu pourras déguster comme une sucette multicolore, mon cadeau à moi pour toi, le célèbre barbu vêtu de rouge. Ce sont les muses, hier soir avant de m’endormir, qui m’ont soufflé cette idée : « Pourquoi ne pas lui envoyer une lettre ? Ce fier vieillard à la barbe crépue ne reçoit jamais que des demandes, et des voeux, et des listes longues comme des tickets de caisse… Il mérite bien une bafouille de remerciements ou deux, non ? » L’idée m’a paru si sympathique que j’en aurais sautillé sur mon lit si je n’avais eu peur de réveiller ma tendre moitié, qui respirait déjà au royaume des rêves.
Ce matin, en me réveillant, je me suis dit : « Une lettre au Père-Noël après Noël, soit. Mais alors grouille-toi ! Il ne s’agirait pas d’arriver avec le nouveau flot de lettres pour le prochain Noël… Car il ne fait aucun doute que tous les déçus, ceux qui n’ont eu ni Marsupilami ni chinchilla, ni otarie ni ornithorynque, ni rime ni raison, ni foi ni loi, ni Dieu ni maître – tous ces impatients exigeants n’attendront pas décembre prochain pour lui envoyer leur missive en forme de doléances masquées !
Oui, grouille-toi », me suis-je répété avec enthousiasme et conviction.
D’ailleurs, pour ne pas faire trop long et être certaine qu’elle te parviendra à temps, cette lettre en retard, je ne vais pas m’étendre davantage. Je voulais donc te remercier, Père-Noël, de ta générosité toujours renouvelée, année après année. Du fond du coeur, merci pour ces moments privilégiés, que j’ai le bonheur de partager avec ceux que j’aime. Pour te dire merci et prendre congé tout à la fois, je me prosterne à la japonaise, mon front serein posé bien bas sur le tatami…

Magali

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